Le Silence, cette matrice

Il se tient à la porte, et il frappe.

Voilà des années maintenant qu’avec patience et infinie délicatesse, il m’observe, me recueille et m’apprivoise.

 

Voilà des années maintenant qu’avec terreur et entêtement, je l’ignore ostensiblement.

Oh pas toujours avec constance … la Vie parfois m’a fait lui céder un peu de place, un peu d’espace, et écouter … à distance. Parfois même il a pu saisir ma main et m’envelopper le Coeur. Au détour d’un moment d’inattention ou de détresse, il m’a offert discrètement ce cadeau de la rencontre intime avec l’Amour, avec la Joie, avec la Plénitude, et j’ai pu les goûter, sentir combien cela était bon et, … plus ou moins rapidement selon les circonstances, bien vite les cacher, les ranger, pour plus tard, pour ne pas tout épuiser, par peur d’un jour en manquer, par peur de la facilité aussi. Comment serait-ce possible autant de bonheur en libre-service, sans condition ni limitation de temps ?

Il se tient à la porte, et il frappe.

Voilà des années maintenant qu’avec patience et infinie délicatesse, il m’observe, m’accueille et m’apprivoise. Voilà des années maintenant qu’avec soif et curiosité, je me laisse apprivoiser.

Je connais, dans mon corps et mon coeur, sa saveur. J’ai perçu, dans mon Etre et ma Vie, sa Puissance … mais je ne fais que savoir en esprit comment il agit. Je ne fais que savoir et que croire que sa place est au centre de ma Vie, au 1er plan, avant toute chose, et que le temps que je dois consacrer à nos rendez-vous d’Amour est primordial et sacré.

Je sais, je crois, je dois … autant de mots qui à la fois rapprochent et tiennent à distance. Autant de mots, de vécus, qui tiennent encore fermement les rênes et me préviennent de l’abandon bienheureux à l’Amour.

Oh pas toujours avec constance … la Vie parfois m’a fait lui céder de la place, de l’espace, et écouter son murmure … au creux de mon oreille. Parfois il a pu m’emporter dans un corps à corps merveilleux, inspirer ma Vie, mes choix, mes actes, mon quotidien, être mon conseiller, mon référent, prendre ses quartiers en moi, même si toujours une part de moi veillait, avec vigilance. Comment serait-ce possible autant de bonheur à portée de main, si accessible, sans condition ni limitation de temps ? Pourquoi le mériterais-je ? Comment en serais-je digne ?

Il se tient à la porte, et il frappe.

Voilà des années maintenant qu’avec patience et infinie délicatesse, il m’observe, m’accueille, m’apprivoise et m’invite. Et voilà qu’aujourd’hui avec conviction je choisis enfin d’honorer les rendez-vous d’Amour auxquels il aspire depuis si longtemps, d’étancher ainsi librement ma soif.

Oh la tentation est encore grande, les anciennes croyances encore vivaces, mais le Nouveau est déjà là et prend sa place avec justesse. Je ne cède plus comme autrefois à la pression de mes injonctions intérieures, je le place au 1er plan, et je lui fais confiance.

En le respectant, je me respecte. En le respectant, je me laisse aimer. En l’aimant, c’est aussi moi que j’aime.

Il se tient à la porte, et il frappe.

Avec patience et infinie délicatesse. Jamais il ne renonce quelles que soient mes résistances … et lorsque je lui ouvre, il se réjouit avec moi de nos retrouvailles, de ce moment que nous allons partager. Il sait aussi qu’il y en aura d’autres, parce qu’il a foi en moi. Aujourd’hui, chaque jour je me présente à la porte, et je l’ouvre. Les verrous ne sont plus verrouillés. J’ai soif du jour où elle restera entrouverte jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ne plus être porte.

Aujourd’hui je découvre et je vis que l’action, et la force qui la porte, naissent au coeur de l’inaction, de l’immobilité et du Silence. C’est là qu’elles puisent leur Justesse et leur Puissance. C’est là qu’est leur Source et leur Matrice.

Merci pour le cadeau de cette révélation aujourd’hui enfin incarnée. Merci pour tant de patience et d’Amour sans lesquels je n’aurais pu être capable un jour de naître à elle … ce n’était donc pas que des mots, moi aussi à mon tour, je peux en témoigner.

« Il nous faut apprendre à écouter le silence, à nous tenir dans une paix absolue : nous découvrirons peut-être alors, et plus souvent que nous le pensions, combien vraies sont les paroles qui terminent l’apocalypse : je me tiens à la porte et je frappe » L’école de la prière – Antoine Bloom

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